La droite dans le plan – Cours

La droite dans le plan – Cours

La droite dans le plan

 

I- Repère dans le plan

1. Définitions

Un repère du plan est noté \( (O; \vec{i}; \vec{j}) \) où :

  • \( O \) est l’origine du repère
  • \( \vec{i} \) et \( \vec{j} \) sont les vecteurs de base

Si \( \vec{i} \perp \vec{j} \) : repère orthogonal

Si \( \vec{i} \perp \vec{j} \) et \( \|\vec{i}\| = \|\vec{j}\| \) : repère orthonormal

2. Coordonnées

Point

\( M(x, y) \) signifie :

\[ \overrightarrow{OM} = x\vec{i} + y\vec{j} \]

Vecteur

\( \vec{u} \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} \) signifie :

\[ \vec{u} = x\vec{i} + y\vec{j} \]

Exemple : Identification de repère

 Dans un repère \( (O; \vec{i}; \vec{j}) \), on donne \( \|\vec{i}\| = 3 \) et \( \vec{j} = \begin{pmatrix} 0 \\ 2 \end{pmatrix} \). Ce repère est-il orthonormal ?

Correction :

Conditions pour un repère orthonormal :

\[ \vec{i} \perp \vec{j} \quad \text{et} \quad \|\vec{i}\| = \|\vec{j}\| = 1 \]

Ici :

\[ \|\vec{i}\| = 3 \neq 1 \quad \text{et} \quad \|\vec{j}\| = 2 \neq 1 \]

Conclusion : Le repère n’est pas orthonormal.

II- Propriétés vectorielles

1. Égalité vectorielle

\[ \vec{u} = \vec{v} \iff \begin{cases} x = x’ \\ y = y’ \end{cases} \]

2. Somme vectorielle

\[ \vec{u} + \vec{v} = \begin{pmatrix} x + x’ \\ y + y’ \end{pmatrix} \]

3. Multiplication par un scalaire

\[ k\vec{u} = \begin{pmatrix} kx \\ ky \end{pmatrix} \]

4. Vecteur AB

\[ \overrightarrow{AB} = \begin{pmatrix} x_B – x_A \\ y_B – y_A \end{pmatrix} \]

Exemple :

Soit $A(2;3)$ et $B(5;-1) $:

\[ \overrightarrow{AB} = \begin{pmatrix} 3 \\ -4 \end{pmatrix} \]

5. Milieu d’un segment

\[ I \left( \frac{x_A + x_B}{2}, \frac{y_A + y_B}{2} \right) \]

Avec $A(2;3)$ et $B(5;-1)$ :

\[ I(3.5, 1) \]

6. Distance AB

\[ AB = \sqrt{(x_B – x_A)^2 + (y_B – y_A)^2} \]

Avec $A(2;3)$ et $B(5;-1)$ :

\[ AB = \sqrt{9 + 16} = 5 \]

III- Condition de colinéarité

1. Déterminant de deux vecteurs

\[ \det(\vec{u}, \vec{v}) = \begin{vmatrix} x & y \\ x’ & y’ \end{vmatrix} = xy’ – yx’ \]

2. Théorème de colinéarité

Deux vecteurs sont colinéaires ssi :

\[ \det(\vec{u}, \vec{v}) = 0 \]

Exemple :

Pour \( \vec{u} \begin{pmatrix} 2 \\ 3 \end{pmatrix} \) et \( \vec{v} \begin{pmatrix} -4 \\ k \end{pmatrix} \), trouver k pour qu’ils soient colinéaires.

\[ 2k – (3 \times -4) = 0 \implies k = -6 \]

Vérification : \( \vec{v} = -2\vec{u} \)

IV- Détermination d’une droite

1. Droite définie par un point et un vecteur directeur

Soit \( A(x_0, y_0) \) un point et \( \vec{u} \begin{pmatrix} \alpha \\ \beta \end{pmatrix} \) un vecteur non nul :

\[ d(A, \vec{u}) = \{ M \in P \mid \overrightarrow{AM} = k\vec{u} \text{ avec } k \in \mathbb{R} \} \]

\( M \in d(A, \vec{u}) \) si et seulement si \( \det(\overrightarrow{AM}, \vec{u}) = 0 \)

Exemple 

Soit \( A(2, -1) \) et \( \vec{u} \begin{pmatrix} 3 \\ 2 \end{pmatrix} \). Déterminer si \( M(5, 1) \) appartient à \( d(A, \vec{u}) \).

Calculons \( \overrightarrow{AM} \) :

\[ \overrightarrow{AM} = \begin{pmatrix} 5-2 \\ 1-(-1) \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 3 \\ 2 \end{pmatrix} \]

Calcul du déterminant :

\[ \det(\overrightarrow{AM}, \vec{u}) = \begin{vmatrix} 3 & 2 \\ 3 & 2 \end{vmatrix} = (3×2) – (2×3) = 0 \]

Conclusion : \( M \in d(A, \vec{u}) \) car les vecteurs sont colinéaires.

V- Représentation paramétrique

Théorème

La droite \( D = d(A, \vec{u}) \) admet la représentation paramétrique :

$\left\{\begin{array}{l}x = x_0 + k\alpha \\ y = y_0 + k\beta\end{array}\right.$ avec $k \in \mathbb{R}$

Exemple :

Déterminer une représentation paramétrique de la droite passant par \( B(1, 4) \) de vecteur directeur \( \vec{v} \begin{pmatrix} -2 \\ 5 \end{pmatrix} \).

Application directe du théorème :


$\left\{\begin{array}{l}x=1-2k \\ y=4+5k\end{array}\right.$ avec $k \in \mathbb{R}$

Vérification : Pour \( k=0 \) on retrouve le point B, et pour \( k=1 \) on obtient \( (-1, 9) \) qui appartient bien à la droite.

VI- Équation cartésienne

Théorème

Toute droite admet une équation cartésienne de la forme :

\[ ax + by + c = 0 \quad \text{avec} \quad (a,b) \neq (0,0) \]

Le vecteur directeur est alors \( \vec{u} \begin{pmatrix} -b \\ a \end{pmatrix} \).

Droite verticale : \( x = a \)

Droite horizontale : \( y = b \)

Équation réduite (si \( b \neq 0 \)) : \( y = mx + p \)

où \( m \) est la pente et \( p \) l’ordonnée à l’origine

Exemple 

Soit la droite d’équation \( 2x – 3y + 6 = 0 \). Trouver :

  1. Un vecteur directeur
  2. L’équation réduite
  3. Un point appartenant à la droite

a) Vecteur directeur :

\[ \vec{u} \begin{pmatrix} 3 \\ 2 \end{pmatrix} \quad \text{(car } -b=3 \text{ et } a=2\text{)} \]

b) Équation réduite :

\[ -3y = -2x – 6 \implies y = \frac{2}{3}x + 2 \]

c) Point particulier :

Pour \( x = 0 \): \( -3y + 6 = 0 \implies y = 2 \)

\[ A(0, 2) \in D \]

VII- Positions relatives de deux droites

Théorème fondamental

Soient \( d(A, \vec{u}) \) et \( d(B, \vec{v}) \) deux droites définies par :

  • \( A \) et \( B \) : points distincts
  • \( \vec{u} \) et \( \vec{v} \) : vecteurs directeurs non nuls

Les droites sont parallèles si et seulement si :

\[ \vec{u} \text{ et } \vec{v} \text{ sont colinéaires} \iff \det(\vec{u}, \vec{v}) = 0 \]

Exemple : Vérification du parallélisme

Soient \( d_1 \) passant par \( A(1,2) \) de vecteur \( \vec{u} \begin{pmatrix} 3 \\ 4 \end{pmatrix} \)
et \( d_2 \) passant par \( B(0,-1) \) de vecteur \( \vec{v} \begin{pmatrix} -6 \\ -8 \end{pmatrix} \).
Les droites sont-elles parallèles ?

Calcul du déterminant :

\[ \det(\vec{u}, \vec{v}) = \begin{vmatrix} 3 & 4 \\ -6 & -8 \end{vmatrix} = (3×-8) – (4×-6) = -24 + 24 = 0 \]

Conclusion : Les droites sont parallèles car \( \vec{v} = -2\vec{u} \).

Conséquences pratiques

1. Parallélisme par équations cartésiennes

Pour deux droites d’équations :

\[ (D): ax + by + c = 0 \quad \text{et} \quad (D’): a’x + b’y + c’ = 0 \]

Elles sont parallèles ssi :

\[ ab’ – ba’ = 0 \]

Soient \( (D_1): 2x – 3y + 1 = 0 \) et \( (D_2): -4x + 6y – 5 = 0 \).

\[ 2×6 – (-3)×(-4) = 12 – 12 = 0 \]

Résultat : Les droites sont parallèles.

2. Intersection de droites

Si les droites ne sont pas parallèles, leur point d’intersection est solution de :

\[
\begin{cases}
ax + by + c = 0 \\
a’x + b’y + c’ = 0
\end{cases}
\]

Exemple : Calcul du point d’intersection

Trouver l’intersection de :
\( (D_1): x + 2y – 5 = 0 \) et \( (D_2): 3x – y + 1 = 0 \).

Résolution du système :

\[
\begin{cases}
x + 2y = 5 \\
3x – y = -1
\end{cases}
\]

Par substitution :

\[
\begin{align*}
&\text{De (2): } y = 3x + 1 \\
&\text{Substituer dans (1): } x + 2(3x + 1) = 5 \\
&\Rightarrow 7x + 2 = 5 \Rightarrow x = \frac{3}{7} \\
&\Rightarrow y = 3×\frac{3}{7} + 1 = \frac{16}{7}
\end{align*}
\]

Point d’intersection : \( I\left(\frac{3}{7}, \frac{16}{7}\right) \)

 

 

 

La droite dans le plan – Cours