Le système immunitaire – cours 3AC
Le système immunitaire
Introduction
Si la phagocytose échoue, la réponse immunitaire spécifique se déclenche. Cette réponse, relativement lente, fait appel aux lymphocytes (B et T) qui sont prêts à éliminer les corps étrangers.
L’immunité spécifique à médiation humorale
1- La réaction du corps suite à une infection bactérienne
📘 Exercice : Lorsqu’une personne est infectée par le bacille du tétanos, on détecte rapidement dans son sang une substance sécrétée par la bactérie : la toxine tétanique. Quelques jours après l’infection bactérienne, on constate la présence dans le sang de nouvelles molécules : ce sont les Anticorps. Ils apparaissent en réaction à l’introduction de la toxine reconnue comme étrangère au corps : c’est un Antigène. Le malade fabrique alors des anticorps « anti-tétanique » ; il est déclaré séropositif au tétanos.
Le graphique ci-contre montre l’évolution de la quantité de toxine tétanique et
d’anticorps fabriqués dans le sang du malade :

1- Analyser les deux courbes.
• Juste après contamination, la quantité de toxine augmente au cours du temps jusqu’au 6ème jour puis baisse légèrement ;
• La production d’anticorps n’a débuté qu’après 5ème jours ; A partir du 5ème jours, la quantité ne cesse d’augmenter.
2- Quelle relation y a-t-il entre le taux des toxines
Tétanique et celui des anticorps fabriqués ?
Suite à la pénétration de l’antigène, il y a production d’anticorps spécifiques qui neutralisent ces corps étrangers.
3- Comment agit le corps en présence d’un antigène ?
Les anticorps antitétaniques neutralisent de façon spécifique la toxine tétanique.
✅ Conclusion :
La réponse immunitaire à médiation humorale est une immunité :
• Acquise : car les anticorps se produisent après la pénétration de l’antigène.
• Spécifique : car les anticorps attaquent uniquement les antigènes qui ont provoqué leur production.
2- Caractéristiques de l’immunité spécifique à médiation humorale

Anatoxine : une toxine atténuée ou affaiblit (qui a perdu sa toxicité) utilisé
comme vaccin.
Sérum : un liquide issu de la filtration du sang coagulé, il est dépourvu de
cellules sanguines et contient des anticorps spécifiques.
– S1 meurt à cause du tétanos qui est dû aux bactéries injectées (S1n’est pas immunisée contre le tétanos).
– S2 survit car on a injecté l’anatoxine tétanique (vaccin). S2 est immunisée contre tétanos.
– S3 meurt car il est immunisé contre le tétanos et non pas contre la diphtérie, les anticorps sont donc spécifiques.
– S5 survit grâce à l’injection du sérum qui contient des anticorps provenant de S4 guérie du tétanos.
✅ Conclusion :
La réponse immunitaire à médiation humorale est une immunité :
Acquise : car les anticorps se produisent après la pénétration de l’antigène.
Spécifique : car les anticorps attaquent uniquement les antigènes qui ont
provoqués leur production.
3- Structure, origine et rôle des anticorps
Structure et origine des anticorps : Les anticorps sont des molécules protéiques en forme de la lettre Y ; ils sont produits par les lymphocytes B après la pénétration dans le corps d’un antigène donné. Ces anticorps peuvent se fixer de manière spécifique à l’antigène à l’origine de l’activation du lymphocyte B.

Rôle des anticorps : Les anticorps agissent en se liant aux éléments étrangers. Ils forment ainsi des complexes Anticorps-antigène (réaction Ag-Ac) appelés complexes immuns qui peuvent ensuite être éliminés facilement par des phagocytes (macrophages).

4- La mémoire immunitaire
Un cheval a été vacciné deux fois de suite par une anatoxine tétanique et une anatoxine diphtérique.

1. – Après la 1ère injection: La fabrication des anticorps commence le sixième jour après la
1ère injection avec un taux maximal à la 2ème semaine, puis il commence à baisser.
– Après la 2ème injection: La fabrication des anticorps est importante (presque le même jour
de la 2ème injection) avec un taux est élevé.
2. La réaction à la 3ére injection est identique à celle de la 1ére injection.
3. La réaction était rapide après la 2ème injection car l’organisme se rappelle du premier contact avec l’antigène, il produit plus d’anticorps et rapidement. C’est la mémoire immunitaire.
5- Les étapes de l’immunité spécifique humorale

L’immunité spécifique à médiation cellulaire
1- Exercice
Le médecin allemand Albert Koch a pu isoler la bactérie (le bacille) responsable de la tuberculose (maladie mortelle). Une vingtaine d’années plus tard, les chercheurs Calmette et Guérin ont pu isoler le bacille correspondant au vaccin BCG (issu de leurs noms : Bacille de Calmette et Guérin).

2- Conclusion
Dans le cas des bactéries intracellulaires (ex: bacille de Koch, les virus et les cellules cancéreuses (tumorales)), le système immunitaire intervient par une autre voie : c’est la réponse immunitaire à médiation cellulaire. C’est une réaction lente et spécifique qui consiste à sensibiliser et activer les lymphocytes T ; certaines deviennent des cellules tueuses (cytotoxiques) qui détruisent directement les cellules infectées et les cellules cancéreuses, d’autres deviennent des cellules mémoires.

3- Les étapes de l’immunité spécifique cellulaire

Les organes lymphoïdes
Le système immunitaire comprend deux catégories d’organes lymphoïdes :
Les organes lymphoïdes centraux : Ce sont la moelle osseuse et le thymus, lieux de formation et/ou de maturation de toutes les cellules sanguines y compris les leucocytes (cellules immunitaires).
Les organes lymphoïdes périphériques : Ce sont les amygdales, les ganglions lymphatiques, la rate et les plaques de Peyer, lieux de stockage des leucocytes matures, de rencontre avec les agents pathogènes (antigènes) et de déclenchement de la réponse immunitaire.

Production, maturation et stockage des lymphocytes

D’après le document ci-dessus, la production des lymphocytes B et T (comme toutes les cellules sanguines) se fait au niveau de la moelle osseuse rouge à partir des cellules mères (cellules souches).
Les lymphocytes B atteignent leur maturité au niveau de la moelle osseuse.
Les lymphocytes T ne sont pas matures à la sortie de la moelle osseuse, mais achèvent leur maturation au niveau d’une glande appelée : Thymus.
Après leur maturation, les cellules immunitaires se concentrent dans des organes de stockage (ex : la rate et les ganglions lymphatiques…). Leur circulation est assurée par les vaisseaux lymphatiques et sanguins.
Coopération cellulaire: relation entre les cellules immunitaires
1- Expérience de Mosier 1967

Interprétations des résultats : L’expérience de Mosier montre que la réponse immunitaire spécifique humorale ne peut avoir lieu qu’en présence des macrophages, des lymphocytes T et des lymphocytes B, en plus de l’antigène (Globules Rouges du Mouton = GRM). En absence des macrophages, des lymphocytes T ou des lymphocytes B, la réponse immunitaire ne peut pas avoir lieu (pas de production d’anticorps anti-GRM).
Conclusion : On déduit que la réponse immunitaire nécessite une coopération entre les macrophages, les lymphocytes T et les lymphocytes B. la coopération entre les cellules immunitaires a pour but la neutralisation et la destruction de l’antigène = le non soi ( toxines, microbes, cellules cancéreuses,…) sans toucher le soi.
2- Résumé de la coopération cellulaire

Le macrophage phagocyte l’antigène, le présente aux lymphocytes T helper (CD4+), ceux-ci activent les lymphocytes B (production d’anticorps) et les lymphocytes T cytotoxiques (CD8+) qui détruisent les cellules infectées.

Aider l’organisme à lutter contre une infection
1- Méthodes de prévention
1-1 L’antisepsie : C’est une méthode préventive qui consiste à détruire les micro-organismes présents dans une plaie (désinfection). Pour nettoyer la plaie, on utilise des produits antiseptiques comme l’alcool 70°, la Bétadine, l’eau oxygénée (H₂O₂).
1-2 L’asepsie : C’est une méthode préventive qui consiste à empêcher la contamination d’une zone ou une surface par des micro-organismes. Cette méthode concerne par exemple les blocs opératoires dans les hôpitaux.
1-3 La vaccination : une immunisation active
Ayant oublié des cultures de bacille cholérique pendant quelques temps, Louis Pasteur (1822-1895) se livre à des injections de ces cultures à des poules.

- Décris l’expérience 2 et ses résultats : injection de bacilles frais (virulents) → les poules meurent.
- Décris l’expérience 1 et ses résultats : injection de culture vieillie (atténuée) → les poules survivent. Les bactéries issues d’une culture vieillie ne sont pas pathogènes (atténuées).
- Décris l’expérience 3 et ses résultats : on injecte d’abord la culture vieillie (atténuée), puis quelques jours plus tard la culture virulente ; les poules survivent.
- proposer une hypothèse pour expliquer ce dernier résultat : les bactéries atténuées ont déclenché une mémoire immunitaire protectrice.
Afin de vérifier l’hypothèse expliquant la survie des poules C lors del’expérience 3, on a les documents suivants :

Lorsque l’organisme est confronté pour la première fois à un microbe, se mettent en place des défenses spécifiques pour le neutraliser et l’éliminer. Parmi les lymphocytes B et T reconnaissant spécifiquement les antigènes portés par ce micro-organisme, certains deviennent des cellules mémoires. Si le micro-organisme attaque une seconde fois l’organisme, ces cellules réagissent plus rapidement et assurent une réponse immunitaire plus efficace.
5. Compare la production d’anticorps (vitesse, quantité) après un premier contact avec l’antigène, puis après un second contact : le second contact est plus rapide et plus abondant (réponse secondaire).
6. Indique quelles sont les cellules responsables de la réponse immunitaire plus efficace lors du second contact : les lymphocytes B et T mémoires.
7. Montre que ceci explique la survie des poules C lors l’expérience 3 : la première injection (culture vieillie) a induit une mémoire immunitaire ; lors de l’injection virulente, la réponse a été rapide et efficace.

2- Méthodes du traitement (soins)
2-1 La sérothérapie
Définition : C’est un moyen curatif qui consiste à injecter dans le sang d’un malade un sérum contenant des anticorps dirigés contre un antigène spécifique.
Comparaison entre la vaccination et la sérothérapie
| Vaccination | Sérothérapie |
|---|---|
| Action spécifique | Action spécifique |
| Immunité active (acquise) | Immunité passive (transférée) |
| Immunité durable (quelques mois à quelques années) | Immunité provisoire = temporaire (quelques semaines) |
| Immunité lente | Immunité rapide et immédiate |
| Acte préventif | Acte curatif |
2-2 Les antibiotiques :
Définition : Les antibiotiques sont des substances naturelles ou synthétiques ayant la propriété de tuer les bactéries ou d’empêcher leur prolifération, utilisé dans le traitement des infections dues à des bactéries pathogènes.
Exemple : La pénicilline est un antibiotique extrait de la moisissure Penicillium notatum.
2-3 Les sulfamides : Les sulfamides sont des antibactériens synthétiques, ils se fixent sur la bactérie et inhibent sa prolifération.
Conclusion
Le système immunitaire spécifique combine immunité humorale (anticorps) et immunité cellulaire (LT cytotoxiques). La mémoire immunitaire permet une protection durable. La vaccination et la sérothérapie sont des outils majeurs de prévention et de traitement.
Le système immunitaire – cours 3AC
